Ferme Bec-O-Lanctôt: un nouveau poulailler de 1 M$ à Compton

Par Vincent Cliche
Ferme Bec-O-Lanctôt: un nouveau poulailler de 1 M$ à Compton
Catherine Roy et Samuel Lanctôt dirigent les opérations de la Ferme Bec-O-Lanctôt, nouvellement située sur le chemin Cookshire, à Compton. (Photo : Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche)

COMPTON. Un nouveau joueur dans la production d’œufs vient tout juste de voir le jour du côté de Compton. Avec un peu de chance, beaucoup de travail et un investissement de plus d’un million de dollars pour la construction d’un poulailler, Samuel Lanctôt et sa conjointe Catherine Roy se retrouvent à la barre de la Ferme Bec-O-Lanctôt.

Chaque année, des producteurs du milieu agricole peuvent participer à un concours de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec. À l’enjeu: un quota de plus de 6000 poules pondeuses. «En novembre 2017, mon nom a été tiré au sort parmi les finalistes, se souvient, heureux, le producteur de 26 ans. Ma candidature avait été évaluée par des juges provenant de différents milieux en agriculture et figurait parmi les meilleures. Lorsque j’ai su que je remportais le concours, j’ai tout de suite commencé à rêver.»

Le processus a été relativement long pour l’agriculteur. «Il a fallu créer la compagnie, visiter d’autres pondoirs, engager les ingénieurs pour réaliser les plans, faire les soumissions et, finalement, construire le bâtiment», décrit le jeune entrepreneur.

«Sans le concours, je ne crois pas que ça aurait été possible de me lancer en affaires. En tout cas, pas avec un projet de cette ampleur, avance-t-il. Ça nous permet de démarrer et de dégager une rentabilité dès le départ.»

Le nouveau bâtiment, situé sur le chemin Cookshire, est d’une superficie de 10 000 pieds carrés. On y retrouve plus de 12 600 poules, dont près de la moitié ont été offertes grâce au concours. Ce quota est également transférable à la succession, ce qui plait grandement à ces agriculteurs qui souhaitent un jour avoir des enfants.

L’agriculture dans le sang

Lorsqu’on lui demande pourquoi vouloir se partir en affaires, Samuel Lanctôt reconnaît qu’il a l’agriculture dans le sang. «J’ai un historique aussi avec les poules pondeuses, raconte-t-il. Mon parrain [Éric Lanctôt] en avait. J’en ai hérité après son décès lorsque j’avais 12 ans. Malheureusement, je n’avais plus le temps de m’en occuper en raison de mes études. Je me suis toujours dit que j’aimerais avoir ma propre entreprise par la suite.»

Notons aussi le patrimoine familial des Lanctôt. Le frère de Samuel, Antoine, a récemment repris le flambeau de la ferme familiale E & M Lanctôt, à Compton. Ce dernier est également propriétaire avec son père des Entreprises agricoles Lanctôt.

Catherine Roy a rencontré son futur conjoint lors de ses études et, depuis ce temps, l’accompagne dans tous ses projets. «J’ai toujours aimé l’agriculture, alors c’est facile de suivre, rigole l’agronome. J’adore m’impliquer à la ferme.»

Présentement, ils sont les seuls employés de la Ferme Bec-O-Lanctôt. «Ça fait une grande charge de travail, reconnaissent-ils. Heureusement, il y a beaucoup d’automatisation. Je crois que ce qui prend le plus de temps, c’est d’amasser les œufs.»

Défis et gestion de l’offre

On croit peut-être que la gestion de l’offre ne touche que les producteurs laitiers, mais elle s’adresse également aux producteurs d’œufs. «On l’associe beaucoup au lait, car ces producteurs ont fait une grande campagne. Mais, nous aussi on est touché. On aimerait que la gestion de l’offre continue d’être supportée. Ça nous permet d’être viables et d’avoir un revenu stable, peu importe la grosseur de la ferme. Disons que pour le moment, on est déçu des concessions et le milieu en ressent les effets.»

Néanmoins, ces jeunes entrepreneurs n’ont pas froid aux yeux et foncent tête première vers l’avenir. Le bâtiment inauguré en janvier dernier est même prêt à recevoir un agrandissement. «Tout a été planifié en fonction d’une possible expansion. On sera capable de doubler, voire même de quadrupler notre superficie et notre production. Ça se fera à un peu plus long terme cependant.»

Les œufs pondus à cette ferme de Compton sont pour le moment achetés par une entreprise, qui les redistribue dans les épiceries. Grâce au code inscrit sur l’aliment, il est possible de savoir la provenance de celui-ci via le site de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec.

Qui sait, votre prochaine omelette pourrait avoir des racines de la région?

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