La saison de motoneige demeure en péril

Par Dany Jacques
La saison de motoneige demeure en péril
Junior Boutin espère enfourcher sa motoneige sur les sentiers de Coaticook pendant la prochaine période hivernale. (photo: Dany Jacques)

Les motoneigistes fondaient beaucoup d’espoir sur le discours du ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, au récent congrès de l’UPA pour assouplir la position gouvernementale, mais un sentiment d’inquiétude et de découragement est rapidement revenu dans leur esprit.

La saison de motoneige demeure donc bel et bien en péril à l’aube de la saison hivernale. Pour le président du Club de motoneigistes l’Étoile de l’est, Junior Boutin, l’heure J approche à grands pas. «Notre vente de cartes de membre bat de l’aile et la saison tombera à l’eau si le conflit perdure entre l’UPA et le gouvernement jusqu’après la période des Fêtes», indique-t-il avec découragement.

L’inquiétude se lit sur son visage lorsqu’il parle de la passion qu’il voue à la motoneige. Il insiste sur la solidarité qu’il a et qu’il suggère à ses membres à l’égard des producteurs. «On n’aurait pas de sentiers sans eux et, sans producteur, on n’aurait rien dans nos assiettes non plus», insiste-t-il.

M. Boutin comprend les producteurs d’interdire aux motoneigistes l’accès à leurs terres en guise de moyen de pression, étant lui-même membre de l’UPA. Ces derniers ne s’entendent pas sur les mesures de resserrement de l’assurance stabilisation du revenu agricole, qui élimine du calcul du coût moyen de production 25 % des fermes les moins productives.

Cependant, M. Boutin rappelle l’importance des retombées économiques que génère l’industrie de la motoneige au Québec. Il les chiffre à environ 10 M $ juste pour les Cantons-de-l’Est, mais ne possède pas de données pour la région de Coaticook. «Je ne peux chiffrer les impacts, mais je sais que si rien ne bouge, ce seront l’ensemble des 180 km de sentiers qui seront fermés pour l’hiver dans l’unique région de Coaticook. C’est immense», insiste Junior Boutin.

À long terme, il craint même que les 33 000 km de sentiers balisés au Québec s’effritent lentement pour diminuer à 20 000 km d’ici une dizaine d’années.

À plus court terme, il suggère aux motoneigistes d’acquérir tout de même leur carte de membre pour pratiquer leurs activités favorites dans une région qui permettra de circuler librement sur les terres agricoles.

Rappelons que plusieurs kilomètres de sentiers de VTT demeurent également fermés à toute circulation.

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