«Les parents ne se sentent malheureusement pas concernés»

Par Christian Caron
«Les parents ne se sentent malheureusement pas concernés»
Le lieutenant Jimmy Potvin et l'agent Jean-Sébastien Crépeau ont tenu à féliciter le directeur de La Frontalière

À peine une poignée de parents ont cru pertinent d’assister à une conférence sur la cybercriminalité, la semaine dernière, à l’école La Frontalière de Coaticook. Cette idée de tenir une conférence sur le sujet fait évidemment suite à des gestes commis par des jeunes, il y a quelques semaines, et dont le dénouement s’est traduit par la diffusion d’images de jeunes filles à demi-nues, dans des positions explicites, devant la webcam…

La Sûreté du Québec n’a pas lésiné avec les détails dans ce dossier chaud en amorçant des rencontres dans l’ensemble des écoles primaires et secondaires de la MRC de Coaticook. C’est le policier Jean-Sébastien Crépeau qui s’est tapé ce travail. Plusieurs dizaines de conférences en l’espace de quelques semaines seulement. Plus de 1 500 élèves ont été sensibilisés aux méfaits de la cybersexualité.

C’est d’ailleurs un enseignant, impressionné par la pertinence du sujet, qui a recommandé à la S.Q. de présenter cette conférence aux parents. D’où la raison pour laquelle cette conférence fut offerte au grand public la semaine dernière. Or la salle était presque vide… «C’est décevant, a reconnu le lieutenant de la S.Q, Jimmy Potvin. Les parents ne se sentent malheureusement pas concernés, ils pensent que ça n’arrive que dans les grandes villes.»

Heureusement, ce marathon de conférences du policier Crépeau semble vouloir rapporter des dividendes. «Depuis que les conférences ont été amorcées, aucun cas de cybersexualité ne nous a été rapporté», signale fièrement Potvin en remerciant les directeurs d’école de leur coopération puisque les institutions scolaires ont servi de porte d’entrée pour les conférences.

Conférences

«Nous ne voulons pas jouer à l’autruche, nous désirons attaquer le problème de front», a confié d’entrée de jeu le policier Crépeau lors de sa conférence.

En rencontrant les jeunes des écoles de la région, l’agent de la S.Q. a été en mesure de faire plusieurs constats. D’abord, la moitié des élèves de 3e année sont déjà familiers avec Internet. Dès le secondaire, un nombre important de jeunes possèdent un blogue. «Quand j’ai mentionné aux jeunes que les policiers avaient le droit d’enquêter sur le contenu de leurs blogues, plusieurs ont manifesté un grand étonnement», a indiqué le conférencier qui misait sur l’aide d’un écran géant pour diffuser quelques textes, photos et statistiques afin d’illustrer ses propos. «J’ai vu des horreurs sur les site Internet, déplore celui-ci. Des adolescentes dans des positions explicites qui, manifestement, ignorent les conséquences. Ça prend souvent l’allure d’un site de rencontre. C’est une porte d’entrée inespérée pour les inconnus qui troquent leur identité pour mieux cimenter une relation avec un jeune.»

Ainsi, plusieurs se confient à des inconnus sans le savoir, les jeunes font preuve d’imprudence. Parfois, le jeune se voit proposer l’idée de fuguer de la maison. Toutes sortes de personnes abusent de la naïveté des jeunes : les pédophiles, des membres de gangs de rue, des fraudeurs, des voleurs… Souvent, ces gens-là font du recrutement pour de la prostitution juvénile. Ils veulent des photos de jeunes et sont même prêts à s’aventurer dans la cour des écoles primaires pour en obtenir. Résultat : des jeunes se font piéger. Plus même, certaines sont entraînées dans la drogue et la prostitution.

Des sites pornographiques, il y en a partout sur le globe.

Pour une simple consultation, un jeune peut être poursuivi en justice. Aussitôt qu’un jeune enregistre une photo à connotation sexuelle sur son fichier, ça devient de la possession et c’est interdit par la loi. Et quand la photo est par la suite distribuée massivement, le problème grandit… «C’est bien certain que les photos doivent comporter un élément explicite. Une photo de fiston et de fillette dans le bain avec de la mousse sur le corps et des petits canards flottant sur l’eau constitue un beau cliché en soi, ça n’a rien de sexuel.» «Un des problèmes dans cet univers de cybercriminalité, c’est que de telles images (explicites) peuvent refaire surface 10 ou 15 ans plus tard alors que la personne en question mène une belle carrière. Des images qui risquent de s’avérer compromettantes», fait valoir Crépeau.

Et la technologie n’arrête jamais. Les cellulaires sont maintenant équipés d’une caméra. Plusieurs s’en servent dans les bars pour capter des images de toutes sortes…

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires