LNH : qui sont les grands gagnants de la saison 2016-2017?

La chronique hockey de Martin McGuire

Publié le 4 avril 2017

Martin McGuire

Avec la fin de la saison qui approche, regardons un peu les joueurs qui se sont illustrés partout ans la LNH. Faisons de cette chronique les McGuire Awards.

La dernière saison fut assez riche en émotions, encore une fois, la LNH a offert un produit de grande qualité. La compétition est vive, forte et captivante. La parité existe, ce n’est pas un cliché, un mot galvaudé par les hommes de hockey pour expliquer leur déveine. Elle existe vraiment.

Sur le plan collectif, les Capitals de Washington sont l’équipe de l’année dans la Ligue nationale avec une récolte de près de 115 points (112 points au moment d’écrire ces lignes). Les Caps ont dominé du premier au dernier match. L’équipe de Barry Trotz est à maturité. Toutes les promesses placées dans ce groupe de joueurs pourront-elles enfin se concrétiser? Les Caps affichent un différentiel de +76 avec quelques matchs à faire. C’est la statistique la plus remarquable quand vient le temps d’expliquer une bonne performance défensive combinée à une attaque redoutable. Pour ajouter à ça, le gardien numéro un Braden Holtby est aussi arrivé au sommet de son art. Les Caps ont tout pour réussir.

La plus grande déception cette année est certainement l’équipe des Panthers de la Floride. L’an dernier à pareille date, dirigés par Gérard Gallant, les Panthers représentaient l’équipe la plus difficile à battre sur sa propre glace. À la fin de la saison, les Panthers étaient redoutés par le Lightning dans la division Atlantique et les meilleures équipes de la Conférence de l’Est. Un an plus tard, après une saison moche, autant au chapitre du classement qu’aux guichets, les Panthers finissent la saison bredouilles, avec une direction qui semble aller à la dérive.

Installé sur une tablette l’an dernier, le D.G. Dave Tallon reprend du service. Après lui avoir enlevé les guides de l’équipe, les proprios se tournent vers lui pour sauver le navire. Les amants des statistiques avancées en ont pris pour leur rhume; les Panthers ont perdu leur équilibre et une partie de leur leadership après avoir laissé partir le vétéran Bryan Campbell, le défenseur Erik Gudbranson et son coéquipier Dmitry Kulikov. Pire encore, Tom Rowe a participé à un putsch invraisemblable visant à déloger le coach Gérard Gallant, qui ne partageait pas ses opinions sur les stats avancées. Le bilan en est un de chaos total. Heureusement, les jeunes Huberdeau et Barkov seront encore là l’an prochain.

Le seul fait positif arrivé cette année en Floride, c’est l’émergence du Québécois Jonathan Marchessault. Trente buts pour 750 000$, c’est le seul coup digne de mention réalisé par cette direction d’équipe.

Sur le plan individuel

En tant que membre des diffuseurs de la LNH, je dois voter pour l’entraîneur de l’année. Mon choix s’est arrêté sur Todd McLelland, l’entraîneur des Oilers d’Edmonton qui a contribué à mettre en place les bases d’un système très solide, trouvant ainsi une façon de supporter adéquatement l’excellent Connor McDavid. Les Oilers sont plus qu’une équipe à une seule vedette. De concert avec Pete Chiarelli, le grand patron, McLelland a bien travaillé, de sorte que les Oilers sont de retour en séries pour une première fois en 7 ans. Sept entraîneurs se sont succédé derrière le banc depuis le printemps 2006… Grâce à McLelland, entre autres, les Oilers ont tourné la page sur le passé glorieux des années 80 qui étouffait l’équipe d’aujourd’hui.

Le joueur par excellence est encore pour moi cette année Sidney Crosby. Malgré la domination des Capitals dans l’Est et les tours de magie de Connor McDavid avec les Oilers, Sid est encore le plus utile. Crosby a franchi la marque des 40 buts une fois de plus en dépit d’une saison où il a dû manquer encore quelques matchs. Après avoir contribué à la victoire du Canada à la Coupe du monde, Crosby s’est avéré l’élément choc qui a permis aux Penguins de se battre avec les Capitals et les Blue Jackets de Columbus.

Parlant des Blue Jackets, le gardien de but Sergei Bobrovski reçoit en premier lieu le « McGuire Award » et recevra probablement le Vézina, remis au meilleur gardien. Il a maintenu des statistiques impressionnantes durant toute la saison et il a été le gardien qui a terminé le mois de mars en force. Signe qu’un joueur est prêt pour les séries, les stats de Bobrovski sont impressionnantes. Rappelons qu’il a contribué à une séquence de 16 victoires consécutives réussie par les Jackets en deuxième moitié de saison. Tout un exploit!

Parmi les défenseurs, le choix peut paraître facile si on jette un œil au titre du « barbu » : Brent Burns des Sharks de San Jose. Burns a démontré une grande efficacité offensive, trônant au sommet des pointeurs chez les défenseurs de la Ligue et aussi au premier rang des pointeurs de son équipe. Ce mal-aimé éjecté du Minnesota est devenu le joueur le plus utile des Sharks.

Cependant, il faut mentionner la performance du défenseur Erik Karlsson des Sénateurs d’Ottawa, qui s’est tenu derrière Burns durant toute l’année. Fait à noter, le capitaine des Sens a poli son jeu défensif, a mené la LNH dans les tirs bloqués et a fait preuve d’un grand leadership. Il mérite une partie des honneurs individuels remportés par Brent Burns.

La recrue de l’année dans la LNH est Auston Matthews (photo) des Maple Leafs de Toronto. À 18 ans, Matthews a été l’âme des Leafs. Pour la première fois depuis longtemps, les partisans de la Ville Reine rêvent à la Coupe. Bien entouré par deux autres recrues qu’il a devancées de quelques points seulement, il a livré une chaude lutte à William Nylander et à Mitch Marner. Imaginez le futur des Leafs: avoir trois des quatre meilleures recrues dans leur équipe!

La saison 2016-2017 nous aura proposé un excellent cru de jeunes talents émergents. Même si pour moi Matthews remporte les honneurs, il faut aussi considérer Patrick Laine des Jets de Winnipeg, Sebastien Aho des Hurricanes de la Caroline et le défenseur Zach Werenski des Blue Jackets. Imaginez, j’oublie même Matthew Tkachuk des Flames de Calgary. Toute une promotion que celle de 2016-2017! Il sera important de voir comment toute cette belle jeunesse évoluera dans le futur.

Parmi les belles histoires cette année, celle de l’attaquant Paul Byron du Canadien est probablement la plus belle. Un joueur abandonné au ballotage qui, un an plus tard, flirte avec le groupe des 20 meilleurs pointeurs de la LNH. Tout un exploit pour l’ « incroyable Paul », comme on l’a surnommé ici à Montréal.

Jonathan Marchesseault est aussi une belle histoire de persévérance.

Enfin, se battant jusqu’à la toute fin pour jouer en séries, le Lightning a quelques jeunes joueurs qui ont pris les bouchées doubles pour compenser la perte de Steven Stamkos.

Maintenant que nous tournerons bientôt la page sur la saison 2016-2017, notre prochaine chronique sera consacrée aux séries. Chers Canadiens et Canadiennes, non seulement les Habs iront en séries, mais les Leafs, les Sénateurs, les Oilers et les Flames y seront aussi. Après avoir été blanchies l’an passé, les équipes canadiennes reviennent en force!

À la semaine prochaine!