Sonia Côté et François Laroche s’interrogent sur la bonne volonté des commerçants quant à leurs intentions de faciliter la vie des personnes à mobilité réduite. (Photo Christian Caron)
L’accessibilité des commerces est mise en doute
L’Association des personnes handicapées déplore la situation au centre-ville
Plusieurs commerçants ont été de l’avant et ont réalisé d’importantes rénovations depuis quelques années dans la région de Coaticook. Mais, selon l’Association des personnes handicapées, peu d’entre eux se sont réellement souciés de l’accessibilité de leur commerce.
Directrice de l’Association des personnes handicapées de Coaticook, Sonia Côté dit se réjouir de voir que notre centre-ville regagne des plumes, mais elle met en doute la volonté de certains commerces de prendre les dispositions nécessaires pour accueillir les personnes à mobilité réduite (personnes handicapées, personnes âgées, enfants de moins de 3 ans, etc.).
«Nous avons logé des appels à plusieurs commerçants avant qu’ils amorcent leurs rénovations. Nous voulions leur démontrer notre intérêt à collaborer avec eux pour leur faire connaître les besoins des personnes à mobilité réduite. Sur le coup, la plupart d’entre eux ont fait preuve d’une belle ouverture, mais il n’y a pas vraiment eu de suite», indique Sonia Côté.
«La Ville de Coaticook offre des avantages à ceux et celles qui améliorent leur façade de commerce, mais personne n’a le réflexe de penser aux personnes en fauteuil roulant. Je me demande comment il se fait que le comité d’urbanisme ne soit pas plus alerte que ça. Il me semble que c’est son rôle de bien guider ces gens-là», ajoute François Laroche, adjoint de madame Côté à l’Association des personnes handicapées.
Selon lui, la Ville devrait même cibler l’accessibilité comme critère pour obtenir une aide financière quelconque.
Ce dernier estime que quelques commerçants commencent à donner signe de vie. C’est le cas du IGA qui a récemment installé une barrière à l’entrée du magasin. Une barrière qui consiste à contrôler les sorties des clients qui entrent avec des sacs écologiques. Elle est particulièrement gênante pour les gens en fauteuil roulant. «Mais monsieur Arsenault (Dominic) nous a laissé savoir qu’il allait apporter des correctifs sous peu et le magasin Inter-Marché se propose aussi de regarder la situation dans un avenir rapproché», d’émettre Laroche.
Les deux personnes veulent être bien comprises. Pas question de partir en guerre et de faire mal paraître qui que ce soit. Ils préfèrent se montrer constructifs. «Nous revendiquons nos droits, rappelle Sonia Côté. À un moment donné, il nous semblait que les commerçants étaient désireux de nous faciliter la vie, mais là on va en régressant.»
Importante clientèle
Statistiques en main, François et Sonia font valoir que plus de 6 000 personnes dans la MRC de Coaticook (soit le tiers de la population) ont une mobilité plus ou moins réduite. Cela inclus les enfants de moins de 4 ans et les personnes de 65 ans et plus.
«Il me semble que les commerçants n’ont pas les moyens de laisser tomber plus de 6000 clients potentiels», mentionne Laroche en rappelant les importantes fuites commerciales qui sont fortement déplorées année après année.
«Et ça, c’est sans compter les accompagnateurs, ajoute Sonia. Plus souvent qu’autrement, ces personnes à mobilité réduite sont accompagnées de une ou deux autres personnes pour faire leurs courses.»
Celle-ci ne manque pas de rappeler que le gouvernement du Canada favorise l’accessibilité en versant des subventions pour des projets de petite envergure, et ce, jusqu’au 4 mai, dans le cadre du Fonds pour l’accessibilité. Certains peuvent obtenir quelques dizaines de milliers de dollars.
«Et tous les travaux de rénovation tenant compte d’une meilleure accessibilité sont déductibles d’impôt», s’empresse de signaler François Laroche.
Il énumère les rampes extérieures, des portes plus larges, des toilettes accessibles, des poignées et des interrupteurs accessibles, etc.
Les deux représentants de l’Association des personnes handicapées se questionnent également sur le peu d’espaces requis dans certains stationnements du centre-ville, particulièrement celui à proximité de Place J.R. Lefebvre.