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«Nous avons des demandes rigoureuses»

Gilles Duceppe du BQ se prononce à l’approche du vote sur le budget fédéral

par Christian Caron
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Article mis en ligne le 21 février 2008 à 15:15
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«Nous avons des demandes rigoureuses»
Gilles Duceppe du BQ se prononce à l’approche du vote sur le budget fédéral
C’est le 26 février prochain que l’ensemble des représentants élus de la Chambre des Communes voteront sur le budget fédéral du gouvernement Harper. Et à en juger par les propos émis par le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, ce budget devra tenir compte des aspirations des Québécois et de leurs valeurs. «Nous avons des demandes rigoureuses», a-t-il confié au Progrès en entrevue téléphonique, mercredi matin.
«Nous avons des demandes rigoureuses et nous tenons à ce que le gouvernement conservateur prenne en considération les valeurs du peuple québécois. Si nous jugeons que le Québec obtient des gains significatifs dans ce budget, nous allons voter en faveur, sinon, nous nous y opposerons», a certifié le chef du Bloc québécois qui était de passage à l’Université de Sherbrooke, mercredi, pour entretenir un groupe d’élèves sur le sujet.

Mais Gilles Duceppe n’est pas nécessairement optimiste. Du moins, il répète que les valeurs du Bloc québécois ne sont pas celles véhiculées par Steve Harper par le temps qui court. «Le gouvernement conservateur pense davantage à investir dans le domaine militaire plutôt que d’injecter de l’argent dans des domaines où l’on vit présentement des crises importantes», dit-il en mentionnant les crises forestières et manufacturières.

«Notre position a toujours été claire au sujet du conflit en Afghanistan, nous voulons mettre fin à la mission militaire en 2009. Certes, nous sommes disposés à ce que le Canada poursuive l’aide humanitaire dans ce coin du globe, mais sur le plan militaire, nous avons fait notre large part. À d’autres de prendre la relève.»

Dans l’esprit de Gilles Duceppe, le gouvernement en place possède les ressources financières pour vernir en renfort aux secteurs en crise. «On disposera de surplus atteignant plus de 10,6 milliards de dollars d’ici peu. Si on ne prend pas cette somme, elle sera automatiquement refilée au complet pour effacer la dette. Je pense qu’un important montant devrait être pris à même ces surplus pour venir en aide à ceux et celles qui perdent leur emploi. C’est ça la solidarité pour nous les Québécois, c’est ça nos valeurs», clame tout haut celui qui s’indigne de voir des gens de 55 ans et plus perdent leur emploi et de devoir se plier à un rigoureux processus de reclassement.

«C’est pas évident pour un homme ayant toujours travaillé dans une même usine et possédant un secondaire III d’être relocalisé dans un autre secteur d’activités qui exige des compétences. C’est dans cette optique que le Bloc québécois suggère la réintroduction du programme PATA afin de venir en aide à cette clientèle de travailleurs qui se retrouvent devant rien. Nous l’avons évalué, ça coûterait 60 M $ pour l’ensemble du Canada de remettre ce programme en place, c’est des pinottes par rapport à ce que le gouvernement injecte pour l’équipement militaire», déplore amèrement Duceppe qui était entouré des députés Serge Cardin (Sherbrooke), France Bonsant (Compton Stanstead), Christian Ouellet (Brome-Missisquoi) et Robert Vincent (Shefford) lors de sa venue en Estrie.

Rien ne va davantage dans le domaine de l’agriculture et le Bloc québécois croit que des choses sont à revoir afin d’apporter un support aux producteurs agricoles. «Dans le domaine de l’agriculture, nous avons toujours confirmé notre appui au principe de l’offre et la demande. Actuellement, les normes de la Financière agricole ne sont pas adaptées à la réalité québécoise, notamment pour tout ce qui touche la relève. Nous souhaiterions que les installations à la ferme puissent constituer une forme de REER pour les producteurs qui prennent leur retraite. Dans la même veine, nous verrions d’un bon œil que l’exemption soit de 1 M $ et non pas de 500 000 $ comme c’est le cas actuellement», d’émettre Duceppe qui s’étonne, pendant ce temps, de voir toute la générosité du gouvernement Harper à l’égard des pétrolières de l’Ouest qui sont perçues comme étant les pires pollueurs du Canada. Une autre attitude qui va à l’encontre des valeurs environnementales du Québec.

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