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Une vague d'amour déferle sur la famille de Caroline Roy

Campagne «Sauvons notre maison»


Publié le 5 octobre 2017

Caroline Roy, son conjoint Guy Letendre, et ses fils Édouard et Jérôme vivent au Collège Rivier depuis la fin du mois d'août.

©(Photo TC Media - Vincent Cliche)

COATICOOK. Forcés de quitter sa résidence au cours des dernières semaines en raison de problèmes majeurs de moisissure, Caroline Roy et les membres de sa famille reçoivent ces jours-ci beaucoup d'encouragements, qui agissent un peu comme un baume sur leurs plaies.

«On reçoit de l'amour, des mots d'encouragement et du soutien, raconte la femme d'affaires et propriétaire de Cuisine L'Angélique, Caroline Roy, émue, une larme à l'œil. Je sens que les gens sont derrière nous et qu'ils veulent qu'on s'en sorte. Pour moi, ça, c'est le plus beau des cadeaux qu'on ne peut recevoir.»

Depuis un mois environ, Mme Roy est obligée de vivre à l'extérieur des murs de sa propre maison qui a été jugée impropre à être habitée en raison des moisissures. «Selon les spécialistes consultés, le taux de spores au mètre cube à ne pas dépasser est de 200, spécifie-t-elle. Chez nous, il se chiffre à plus de 14 000. C'est énorme, car ce sont des spores des plus nocifs pour la santé.»

Difficile de mettre le doigt sur ce problème, car il n'est pas visible. «On a commencé à se poser des questions quand l'un de mes fils a eu des problèmes de migraines récurrents, raconte la maman. De mon côté, j'ai aussi eu des problèmes pulmonaires, au point de craindre pour ma vie. C'est là qu'on a demandé l'avis de spécialistes pour trouver la cause de nos problèmes de santé.»

Les analyses réalisées et la solution au problème coûteraient environ 170 000 $. «C'est quand on a vu cette facture qu'on s'est dit qu'on devait en parler publiquement, témoigne Mme Roy. Mais, avant tout, on a regardé à savoir si c'était couvert par les assurances. Ça ne l'est pas parce que les dommages sont graduels et non subits. Ensuite, on s'est tourné vers la faillite personnelle. Ce scénario n'était pas envisageable, car il implique qu'on perd notre entreprise [Cuisine L'Angélique]. Ç'a été le coup de grâce. Je ne pouvais pas tout arrêter. J'ai un devoir moral pour nos 17 employés ainsi qu'à tous les milliers de gens qu'on aide. Je ne pouvais pas les laisser tomber. Pas pour une "bad luck".»

Les experts légaux ont aussi indiqué qu'ils excluaient un possible recours contre les anciens propriétaires de la résidence, acquise en 2011. «Dans cette histoire, on n'en veut à personne», note-t-elle avec franchise.

«Devant aucun recours, je me suis mise à nue, rajoute-t-elle. Je n'avais plus le choix. Disons qu'il faut que tu ravales ton orgueil et que tu boives une bonne tasse d'humilité. Rendue là, tu espères un miracle.»

Néanmoins, la femme d'affaires, son conjoint et ses trois enfants sont confiants de s'en sortir. Une campagne de financement, laquelle a déjà amassé plus de 20 000 $, via le site sauvonsnotremaison.com, a été lancée. Plusieurs personnes ont même inscrit le clan à la populaire émission de Chantal Lacroix, «On efface et on recommence». «Je garde la foi et l'espoir, raconte la femme qui avoue avoir pleuré pendant deux mois. L'espoir me nourrit chaque jour. On ne peut baisser les bras.»

Une deuxième maison au Collège Rivier

Depuis  la fin du mois d'août, la famille de Caroline Roy trouve refuge à l'intérieur de l'une des chambres du dortoir des garçons, au Collège Rivier. «On essaie de dédramatiser ça avec les enfants. Vivre au Collège, c'est un peu comme vivre une aventure. Ils se font de nouveaux amis», explique Mme Roy.

À l'institution d'enseignement privé de Coaticook, on n'a pas hésité une seconde à accueillir le clan. «Caroline s'est beaucoup impliquée au moment de la relance du Collège, en 2014, mentionne la directrice générale de l'endroit, Mélanie Provençal. Elle a définitivement le Collège à cœur et c'était vraiment un don qu'on se devait de faire pour elle et sa famille.»

Un expert se prononce sur la situation de la propriété

Lors de ma visite, j’ai remarqué plusieurs problèmes dus au mauvais drainage des fondations. Étant située sur le roc, ta propriété reçoit les eaux en amont. Nous avons un mouvement des fondations par le gel, l’effet de gel par adhérence.
Ce phénomène se produit lorsque le drainage est déficient et que le matériel de remblai extérieur est non drainant. Nous allons aussi procéder au démantèlement de la dalle au sous-sol et l’excavation, afin de procéder à un drainage sous-dalle. Il faudra excaver et évacuer les matériaux de remblai hors site soit la terre sous la dalle existante et la remplacer par un matériel drainant de type ¾ net DB certifiée exempte de pyrite.
Nous aurons de plus, à pieuté la fondation avant et latérale droit. Nous avons remarqué, une déformation à l’avant et sur le côté latéral droit, soit dû à la construction des semelles sur un sol remanié, ou sur un mauvais remblai. Les déformations constatées nécessitent, pour mesure correctrice, une reprise en sous-œuvre au moyen de pieux métalliques. Cette mesure correctrice fera en sorte que la partie du bâtiment ainsi supportée ne le sera plus par le sol problématique sous les semelles et empattements, mais par le refus sous la partie inférieure du pieu métallique.
Nous installerons des drains intérieurs, afin de venir capter la pression hydrostatique sur le périmètre intérieur des fondations et sous la nouvelle dalle de béton construite sur un isolant giclé de 2’’ ½ sur toute la superficie du sous-sol. L’uréthane giclé sera appliqué au sol et sur tout le périmètre intérieur des murs de façon à étanchéiser et sceller les gaz du radon se retrouvant dans le sol.

Propos de Sébastien Duval