La bande riveraine du lac Lyster bientôt revitalisée

Vincent Cliche vincent.cliche@tc.tc
Publié le 2 avril 2013
Le vice-président de l'Association des résidents de Baldwin Mills, Yvon Pellerin, de même que le président de l'organisme, René Dubois, ont longtemps planché sur leur plan d'action pour revitaliser les bandes riveraines du lac Lyster.
(photo: Vincent Cliche)

Finies les pelouses qui s'étendent jusqu'en bordure du lac Lyster. L'Association des résidents de Baldwin Mills lance un projet de 40 000 $ pour revitaliser la bande riveraine de ce plan d'eau.

Grâce à cette initiative, le regroupement désire emboîter le pas à des politiques établies par le gouvernement du Québec, qui stipule que tout cours d'eau devrait avoir une bande riveraine de dix mètres. Dans cet espace, on souhaite revégétaliser avec des petits arbustes et interdire une coupe du gazon.

Bien évidemment, le projet initial de l'Association des résidents de Baldwin Mills ne va pas aussi loin. «C'est toutefois vers où on veut aller», précise le président de l'organisme, René Dubois.

Financée en grande partie par la Ville de Coaticook, la MRC ainsi que par le Conseil régional des élus de l'Estrie, cette initiative vise à maintenir le lac Lyster en bonne santé. «Nous sommes chanceux, lance le vice-président de l'association, Yvon Pellerin. Notre lac n'est pas trop malade. En termes scientifique, on parle d'un lac qui se situe entre la notion d'oligotrophe (en bonne santé) et d'eutrophe (malade). On veut le préserver pour qu'encore d'autres générations puissent en profiter.»

Pour l'année en cours, les environnementalistes espèrent revitaliser 500 mètres de littoral, sur une profondeur de trois mètres. Il s'agit là d'environ 7 % du périmètre de l'étendue d'eau. «On veut réellement sensibiliser et informer les gens, avance M. Dubois. Les gens qui viennent de la ville ont souvent tendance à l'apporter en campagne. Ils font des plantes ornementales, de beaux aménagements paysagers et tondent leur pelouse jusqu'au lac. Ils ne pensent pas nécessairement au lac. Il faudrait y aller davantage avec des plantes indigènes qui ont un rôle à jouer pour retenir les sédiments hors de l'eau et ainsi éviter la propagation de ceux-ci dans le lac. Ils amèneraient malheureusement la prolifération d'algues, ce qui nuirait à la santé du cours d'eau.»

Le projet peut paraître noble, mais est-ce que les riverains seront enclins à respecter ces nouvelles normes? Seront-ils prêts à hypothéquer une partie de leur terrain pour y planter des arbustes? «Quand on parle d'éducation, on parle également de résistance, reconnaît M. Pellerin. Il y aura bien certainement des gens qui s'y opposeront. Ce sera notre rôle de les informer. Il faut qu'ils comprennent que c'est avantageux pour eux, car le jour où le lac deviendra pollué, ça coûtera encore plus cher le faire dépolluer. Ça pourrait également jouer sur la valeur foncière de leur résidence.»

Au cours de la première année du projet, une conseillère en aménagement ciblera des résidences qui pourraient participer au projet. Elle aidera les propriétaires dans leurs plans. On aimerait également recevoir l'appui du club de golf de l'endroit. Ce dernier possède plusieurs mètres de littoral le long du lac Lyster.

L'an dernier, une étude de l'Association des résidents de Baldwin Mills, laquelle compte 115 membres, a démontré que 72 propriétés présentent des bandes riveraines de 0 à 3 mètres. La densité végétale de ces terrains est généralement faible et moyenne. Celles-ci seront pointées en priorité par le projet actuel.