Un Comité de recrutement d’effectifs médicaux a été créé par des gens d’affaires, il y a environ un an. Ils étaient et demeurent inquiets de voire réduire le nombre de médecins œuvrant actuellement dans la région. Ils sont 12 actuellement, mais la moyenne d’âge est de 56 ans. Quatre d’entre eux approchent cependant de la retraite d’ici quelques années et ils risquent même de quitter au même moment. Émilie Trudeau, gestionnaire de la Clinique médicale de Sherbrooke, a été appelé en renfort pour devenir la chargée de projet du comité. «Il faut se prendre en main et bouger avant qu’une pénurie de médecin frappe la région. Si on laisse aller la situation, le nombre de médecin va chuter, puis on risque de perdre des services à l’hôpital. Même la survie du centre hospitalier pourrait être en jeu avec moins de médecins, car cette institution ne répondrait pas aux besoins de la population», prévient-elle.
Mme Trudeau ne veut pas apeurer la population. Elle préfère la transparence et informe les gens qu’un manque de médecin provoque par la fait même un moins grand nombre de médecins de famille, d’autant plus que la liste de personnes actuellement en attente d’un médecin de famille se chiffre à 900 sur une population d’environ 18 000. «C’est déjà beaucoup», précise-t-elle.
Pour attirer des médecins, le Comité a sollicité le milieu socio-politico-économique pour financer une opération charme à la Journée carrière des médecins résidents, qui se tenait le 29 octobre dernier au Palais des congrès de Montréal. Un joli et accueillant kiosque, agrémenté d’une dynamique délégation, de crème-glacée de la Laiterie Coaticook ainsi que de succulents produits agroalimentaires, ont attiré 600 médecins pendant la journée. «On était évidemment en concurrence avec d’autres belles régions du Québec, mais on a brillé par notre ingéniosité. Même le ministre de la Santé, Yves Bolduc, nous a félicités», se réjouit Mme Trudeau.
Outre l’originalité du concept, le comité a vanté la qualité de vie de la région et l’esprit d’équipe des médecins. Certains ne savaient pas que Coaticook avait son urgence et son hôpital, et surtout un nouveau Groupe de médecine familial depuis 2005. «On ne bouscule personne et on sait que ça peut convenir au niveau personnel et familial avant de déménager, mais on vante beaucoup les mérites de notre flexibilité et des belles valeurs véhiculées par notre équipe de médecins», de dire Mme Trudeau.
Cette dernière recommande à la population de ne rien prendre pour acquis dans le réseau de la santé. «Les gens doivent aussi en prendre soin en reconnaissant le travail colossal que réalise les médecins, qui pourraient travailler pendant de moins longues heures dans d’autres régions situées à proximité», prévient-elle.

