D’entrée de jeu, le téléphone cellulaire a sauvé des vies, mais son emploi en a aussi enlevées. Les médias accusent la population de l’utiliser sur les routes, mais omet de dénoncer les surveillants-sauveteurs.
À notre avis, les piscines publiques devraient interdire la possession d’un cellulaire chez les spécialistes en sauvetage. En effet, son utilisation va à l’encontre de certaines lois et normes de surveillance et accroît les dangers potentiels de noyades.
Au Canada, un document officiel contenant toutes les normes reliées à la surveillance aquatique stipule clairement, que, lorsqu’une piscine a une surface d’eau de plus de 100 m², un surveillant-sauveteur d’au moins 17 ans doit être présent; ce dernier doit être accrédité par la Société de sauvetage canadienne et connaît toutes les modalités reliées à la sécurité des usagers. Entre autres, si la limpidité de l’eau corrompt les normes, un sauveteur est tenu de fermer le plan d’eau puisqu’il serait difficile d’y voir un nageur en détresse.
Des études prouvent qu’une noyade peut survenir en moins de dix secondes, soit le temps d’un balayage visuel. Au plus, la rédaction ou la lecture d’un message texte accapare un cycle similaire. Les recherches en sauvetage prouvent que la récente apparition des cellulaires est rapidement devenue l’un des principaux facteurs de distraction chez les surveillants-sauveteurs. Nous suggérons aux employeurs de complètement interdire leur utilisation lorsque leurs employés sont en fonction. De plus, un téléphone d’urgence ainsi qu’une horloge devraient être installés dans l’enceinte de la piscine : lorsque les surveillants sauveteurs regardent l’heure sur leur cellulaire, ils quittent le plan d’eau des yeux.
Le sauveteur devient, lors de son embauche, un ambassadeur pour son employeur. Si vous êtes en contact avec une entreprise engageant des réceptionnistes aussi sympathiques que des portes de prison, et piètres en grammaire, vous n’aurez pas une très bonne impression de la dite organisation n’est-ce pas? La situation est semblable pour les sauveteurs; s’ils «textent» au travail et n’exécutent pas leurs fonctions, vous serez craintifs de mettre votre sécurité ou celle de vos enfants entre leurs mains.
Quoique des lois et normes régissent les bains publics, certains contournent encore les interdits et mettent plusieurs personnes en danger. Malheureusement, le cellulaire au travail n’est que la pointe de l’iceberg des comportements non sécuritaires de certains maitres-nageurs. Fort heureusement, la Société de Sauvetage Canadienne en partenariat avec la Régie du bâtiment du Québec a mit sur pied la Brigade Splash, sévissant partout au Québec, afin d’assurer la conformité des installations aquatiques et d’évaluer la compétence des sauveteurs pour ainsi enrayer les noyades dues à la négligence.
Nous invitons les baigneurs d’avertir les employeurs de bains publics s’ils doutent du comportement de certains surveillants-sauveteurs.
Anne Vaillancourt
Virginie Gauthier
Compton
