Cette entente, qui serait l’une des premières du genre en Amérique du Nord, a été signée au retour du premier ministre Charest de son périple d’une journée au Vermont. Elle a eu lieu en terrain «symbolique», à la bibliothèque Haskell à Stanstead, qui se retrouve à cheval sur la frontière canado-américaine.
À l’intérieur de l’entente, on y annonce la création d’un groupe de travail sur les énergies vertes et le commerce. Ce groupe de travail examinera notamment les sources d’énergie propre et renouvelable existant au Québec et au Vermont. Il identifiera les obstacles et proposera des mesures visant à promouvoir le commerce et le développement plus poussé des ressources énergétiques existantes, telles que l’hydroélectricité et l’énergie éolienne, de même que de nouvelles sources d’énergie renouvelables liées à la biomasse. À cet égard, le groupe de travail mettra l’accent sur les ressources naturelles disponibles localement, dont l’exploitation et la production créeraient des emplois durables.
Bien évidemment, le résultat ne sera pas immédiat. «Dans cinq ou dix ans, j’aimerais revenir et dire que nous avons mis en place la première zone verte en Amérique du Nord», signale le premier ministre du Québec, Jean Charest, qui en était à sa première visite à la bibliothèque Haskell.
Après la signature de cette entente, le premier ministre du Québec et le gouverneur du Vermont se sont déplacés à l’étage supérieur de la bibliothèque, à la salle d’opéra, pour prendre part à un forum citoyen.
La question environnementale a pris une place importante lors de cet exercice. James H. Douglas a signalé que le tiers de l’énergie de son État provenait maintenant de l’hydroélectricité. «Lorsque je suis entré au pouvoir, nous produisions le plus haut taux de gaz à effet de serre par habitant au pays. Nos tarifs énergétiques étaient également parmi les plus élevés. Quatre ans plus tard, le tiers de notre approvisionnement en provient de l’hydroélectricité, ce qui nous a permis non seulement de réduire nos gaz à effet de serre, mais d’avoir les tarifs d’électricité les plus bas au pays.»
On a également soulevé l’importance de la santé des deux plans d’eau que partagent les deux nations, soit les lacs Memphrémagog et Champlain.
La question de la sécurité à la frontière a également été soulevée durant ce forum. Inquiet de voir une barrière s’ériger à la douane canadienne de la rue Dufferin, à Stanstead, le commerçant Bachar Chbib a interpellé les deux politiciens. «Beaucoup de mes clients ont peur, a-t-il lancé. J’aimerais savoir ce que vous allez faire pour empêcher le bris de l’harmonie entre nos nations.» Malheureusement, le premier ministre du Québec et le gouverneur du Vermont ont dit être impuissants face à cette situation. Ils ont mentionné que ce genre de situations relevait du gouvernement fédéral de chacun de leur pays. Ils ont toutefois avoué être concernés par cette problématique. Le passeport sera requis pour traverser la frontière terrestre en 2009. «Je me sens concerné par cette mesure, a indiqué M. Douglas. Je pense à toutes les équipes de hockey qui traversent la frontière et qui partagent nos arénas. Je pense à nos touristes qui viennent skier à Jay Peak. Je m’inquiète un peu du bien-être de notre économie.» Finalement, les deux hommes d’État se sont entendus pour mettre de l’avant un permis de conduire plus complet. Ce document serait beaucoup plus économique qu’un passeport.

