Il a exercé son ministère de 1868 à 1877 à Coaticook avec la création de la paroisse Saint-Edmond, mais il servait déjà les paroissiens de Compton de 1863 à 1868, pour un total de 15 années d’engagement dans la communauté.
Jean-Baptiste Chartier est né dans la région de Saint-Hyacinthe en 1832 d’une famille de cultivateurs. Il fut ordonné prêtre en 1856 avant un bref passage au Collège de Sherbrooke en 1862.
Son rayonnement dépassait les limites de Compton, car le curé Chartier s’occupait aussi des paroissiens de Coaticook aussi tôt qu’en 1864. Une jolie chapelle est à l’époque déjà érigée sur une élévation sur les limites de Barford et la population totale compte alors 1200 âmes.
La sollicitude du curé Chartier s’adresse d’abord à la jeunesse de la paroisse de Coaticook. Il fait l’acquisition d’un terrain et d’une maison qu’il convertit en une école sur la rue Sainte-Anne. La première institutrice était Mme Beaudry, sœur de l’abbé Beaudry.
Tout près, un presbytère fut construit près de la chapelle, là où se trouve l’actuel presbytère de Saint-Edmond. À l’époque on dénombre un grand nombre d’activités religieuses avec 97 baptêmes, 25 sépultures et 20 mariages par année.
Dès 1870, l’école catholique ne suffit plus et le curé Chartier songe alors à l’établissement d’un couvent pour les filles. Il communique avec les religieuses de la Présentations de Saint-Hyacinthe, qu’il connaît, pour leur confier cette mission. L’actuelle Collège Rivier, qui célébrait en 2010 son 140e anniversaire de fondation, accueille ses premières élèves en 1870.
Le curé Chartier était très estimé par la population. Son esprit d’initiative et son grand désir de voir progresser la localité étaient appréciés aussi par les Anglophones et les Protestants. Toutefois, quelques-unes de ces initiatives ne sont pas toutes couronnées de succès.
Par exemple, une manufacture de moulins à laver et tordeurs, érigée sous ses soins dans la pointe formée par la rivière et la rue Saint-Jean-Baptiste, a été vendue à un mauvais acheteur à la suite de problèmes financiers. L’église et le presbytère tombèrent aussi entre les mains d’institutions financières en raison de tracas financiers.
Malgré ses problèmes, il a aussi occupé la responsabilité d’agent de colonisation pour les Cantons-de-l’Est. Il laissa d’ailleurs son nom au village de Chartierville. On dit aussi qu’il mérite la reconnaissance de beaucoup de familles qui, en revenant au Canada après le courant d’émigration vers les États-Unis, ont pu garder la langue et la foi des ancêtres.
Jean-Baptiste Chartier a quitté Coaticook en 1877 et se retira en 1897 après plusieurs années dans son patelin d’origine. Il est décédé en 1917 à l’âge de 85 ans.
Un neveu lui rend un vibrant hommage au lendemain de sa mort malgré ses embûches : «Ses entreprises à Coaticook ne furent pas en définitive un succès. Mais comme les entreprises matérielles portent rarement bonheur au prêtre, même animé des meilleures intentions, M. l’abbé Chartier ne recueillit de la sienne que des désagréments, sans compromettre toutefois sa réputation d’honnête homme et de bon prêtre resté très attentif aux besoins de son ministère spirituel.»
