Guidée par un immense sentiment d’appartenance pour sa région et animée d’une profonde volonté d’assurer le bien-être des gens de son entourage, Madeleine Gérin laisse le souvenir d’une dame dédiée à sa communauté, principalement au monde de la santé.
Décédée le 18 janvier 2009 à l’âge vénérable de 92 ans, Madeleine Gérin se doit d’être considérée comme étant une grande pionnière de l’hôpital de Coaticook. Elle s’est impliquée corps et âme pour ce «beau rêve social». C’est d’ailleurs elle qui fut la présidente d’honneur des festivités entourant le 50e anniversaire de cette institution de santé en mai 2004.
Non seulement figure-t-elle parmi les instigateurs de cet établissement appelé aujourd’hui Centre de santé et de services sociaux de la MRC de Coaticook, mais elle a également contribué efficacement à son évolution. D’abord, à titre de présidente du conseil d’administration de 1981 à 1985, mais aussi à titre de présidente des Dames auxiliaires durant plusieurs années. Sans compter son implication pour les campagnes de financement dans les années 1990. Elle fut d’ailleurs présidente d’honneur de cette campagne en 2004.
Inspirée par son époux, Antoine, qui a lui aussi lutté farouchement pour la venue d’un hôpital, elle a consacré des énergies au recrutement des religieuses. À cette époque, le gouvernement avait été clair : pas de religieuses, pas d’hôpital. C’est ainsi que Madeleine Gérin a facilité l’intégration des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul.
Elle fut aussi parmi les bénévoles qui fondèrent les Dames Auxiliaires en octobre 1954.
Quand on regarde les événements qui ont marqué l’histoire de Coaticook, on convient que la venue d’un hôpital constitue assurément un fait saillant. C’est dans cet esprit que le nom de Madeleine Gérin demeurera toujours associé au monde de la santé local. «En l’espace de 50 ans, on est parti d’un petit hôpital de campagne pour aujourd’hui miser sur un véritable centre de santé», avait-elle scandé lors du banquet du 50e de l’hôpital en 2004.
Son entourage l’a décrivait comme une femme tenace avec laquelle il était plaisant de travailler. Elle aimait aller au bout de ses idées et elle avait la capacité de convaincre du bienfait de ses initiatives. On dit aussi qu’elle était guidée d’un excellent jugement et possédait de multiples connaissances sur tous les sujets.
Outre le domaine de la santé, madame Gérin fut aussi une brillante femme d’affaires dans les années 1950, 1960 et 1970. En 1972, elle s’est associée à Bernard Dupuis et Normand Viens pour lancer l’entreprise «Gérin, Dupuis et Viens, assurances», un entreprise toujours bien vivante aujourd’hui à Coaticook.
Et comme mère de famille, elle a dû prendre les bouchées doubles. Tombée veuve avec huit enfants à la maison, elle a vu à l’éducation de tous et chacun. Ses enfants sont Louise, feu François, Yves, Henri, Suzanne, Vincent, Claire et Michèle.
