Il confie cette responsabilité à une communauté de la région de Saint-Hyacinthe, qu’il connaît bien : les Sœurs de la Présentation de Marie.
Selon le mémoire de maîtrise de Julie Beloin portant sur cette communauté religieuse, l’abbé Chartier a la charge de surveiller la construction du couvent à l’emplacement actuel du Collège Rivier. La bâtisse, construite en granit, mesure alors 45 x 35 pieds.
Les religieuses Saint-Louis-de-Gonzague (directrice), Saint-Sébastien Darche, Salomé et Saint-Arsène accueillent les premières élèves dès 1870. Les trois premières fondatrices quittent le couvent quatre ans plus tard, mais elles sont remplacées par d’autres religieuses. Par exemple, Sœur Marie-de-l’Épiphanie a été directrice de l’établissement pendant 21 ans, soit de 1895 à 1916.
Toujours selon Mme Beloin, les débuts sont difficiles avec différentes épreuves, comme la faillite du curé Chartier. Le couvent a été acheté par la compagnie Trust and Loan, mais racheté par la communauté des Sœurs de la Présentation de Marie en 1883.
De 40 élèves en 1870, le couvent passe à 232 dix ans plus tard pour atteindre les 280 en 1900 et 1920, ce qui nécessite quelques agrandissements du bâtiment. La clientèle diminue par la suite avec la construction des écoles Gendreau (paroisse Saint-Jean) et Marie-Rivier (paroisse Saint-Marc) en 1922.
L’enseignement s’adapte aux évolutions du temps et aux besoins changeants, tout en formant généralement de futures institutrices. Cependant, une des caractéristiques du couvent consiste à offrir une formation scolaire bilingue. Plusieurs élèves sont d’ailleurs d’origine américaine.
Toujours selon le mémoire de Mme Beloin, la première élève du couvent qui entre au noviciat est Lily Murphy (Sœur Saint-Édouard), une Irlandaise provenant de Compton. La première élève de Coaticook à entrer dans la communauté est l’aînée des sœurs Jasmin (Sœur Saint-Jean-Baptiste)
L’appellation Marie Rivier provient de la fondatrice de cette communauté religieuse venue de France, dont l’idéal était d’instruire la jeunesse chrétienne à travers différents programmes, tout en accordant une place pour la musique, le chant, la diction, les sports, etc. Les religieuses lui accordent une place unique et vénèrent cette sœur béatifiée en 1982.
Outre une éducation offerte à des milliers d’élèves, une autre grande réalisation de cette communauté consiste à avoir trouvé une harmonie entre les différentes confessions religieuses qui fréquentent l’établissement, et ce, malgré des divergences entre catholiques et protestants dans la communauté. «Les sœurs veulent mettre à l’aise et protéger tous les élèves, qu’elles soient catholiques ou protestantes, francophones ou anglophones. Tout comme dans une famille, chacun des membres doit apprendre à vivre ensemble. Des parents protestants confient même leurs filles aux sœurs», lit-on dans le mémoire.
140 ans plus tard, la direction de cet établissement profite de l’actuelle année scolaire pour organiser des activités commémorant cet important anniversaire de fondation.
