Romuald Dumont a laissé une marque profonde dans la région par sa personnalité et son travail après 37 années à titre de secrétaire-trésorier à la Ville de Coaticook.
Né à Cookshire le 12 mars 1907, il est le fils d'Isidore Dumont et de Delvina St-Pierre. Il est arrivé à Coaticook en 1912 et fit ses études primaires à l'école Sacré-Cœur. De 1920 à 1927, il a fait ses études au Séminaire St-Charles et fut président de sa classe.
Plus tard, diplômé en sciences commerciales à l'école des Hautes études commerciales de Montréal en 1930, il amorce sa carrière professionnelle chez Codère Ltée de Sherbrooke, puis à la Crown Life de Sherbrooke.
En octobre 1931, il entre au service de la Ville de Coaticook comme secrétaire-trésorier, un poste qu'il conservera jusqu'à sa semi-retraite en 1968. Il aura donc travaillé avec un grand nombre de maires, soit 12.
On lui doit de nombreuses réalisations en marge de son travail, dont une étroite collaboration dans la construction de l’aréna, de la piscine municipale et la construction du stade de baseball.
De plus, lui et le maire Léger Cameron sont responsables de la venue de l’usine Tucker Plastics Ltd en 1960, qui est devenue par la suite un des importants employeurs à Coaticook.
Toujours dans le domaine industriel, le travail de M. Dumont contribue à maintenir et à reconstruire les installations de l’usine Sheard à Coaticook après l’incendie de cette entreprise à Way’s Mill, en 1942.
Ce féru d’histoire n’avait qu’une idée en tête lors de l’incendie de l’hôtel de ville en novembre 1953 : sauver plusieurs documents que le feu n’envahisse complètement les lieux. Il s’est aussi beaucoup impliqué dans le comité HMCS – Coaticook pour qu’un bateau de la Marine canadienne porte le nom de la Ville.
Au cours de ses dernières années de service à la Ville, il a rédigé un document expliquant le nom de chacune des rues, ainsi que celles qui ont changé de nom. Il signe aussi le livre «Review of the Past» en 1965, qui donne beaucoup d’informations sur plusieurs bâtiments de Coaticook.
À son décès, il laisse beaucoup de notes inédites et une abondante documentation historique qui ont, entre autres, permis la rédaction du livre de Roch Dandenault sur l’histoire de Coaticook.
Un parcours impressionnant
Parallèlement à son travail, il a été membre fondateur du Comité de l'Hôpital de Coaticook en 1952, directeur de la «Coaticook Water and Power Company», membre de l'Institut international des officiers municipaux, membre de la Corporation des administrateurs agréés du Québec, membre de l'Association canadienne d'urbanisme et membre de l'Association des estimateurs municipaux du Québec.
Il a aussi été membre du Comité de l'aréna de Coaticook, membre du Comité fondateur du Foyer de Coaticook, cofondateur avec Léger Cameron et premier secrétaire de l'Association des cités et villes du District St-François, membre du Conseil économique régional des Cantons-de-l'Est, membre très actif de l'Amicale Sacré-Cœur de Coaticook, directeur du secteur de Coaticook de l'Association des anciens du Séminaire de Sherbrooke, marguillier de la paroisse St-Jean l'Évangéliste, membre de la Société historique des Cantons-de-l'Est, membre des Chevaliers de Colomb, de la Société St-Jean-Baptiste, etc.
Romuald Dumont fut donc un homme très engagé dans sa communauté malgré un emploi du temps très chargé.
Le 15 juin 1933, il épousait Marie Trempe. Ses enfants sont Jean-Thomas, Denis, Lise, Hubert, Marthe, Louis et Bernard. Bernard est le seul qui est encore vivant. En plus d’avoir travaillé au bureau de l’impôt à Sherbrooke, il est comptable à Coaticook depuis 37 ans.
Le Progrès de Coaticook lui doit aussi de nombreux écrits. Passionné de petite histoire et de toutes questions concernant la vie municipale, il n'hésitait pas à prendre la plume pour raconter, expliquer, exprimer des points de vue et engager des polémiques.
Romuald Dumont aura été un passionné jusqu'à la fin de sa vie, car la maladie ne l'a pas empêché de poursuivre son travail à l'hôtel de ville pendant sa semi-retraite de trois ans. Il y revenait aussi régulièrement que sa santé chancelante pouvait lui permettre. Il a profité de ces trois dernières années pour faire une mise à jour complète des règlements municipaux et dispenser ses vastes connaissances aux élus du conseil municipal et aux employés du bureau.
(Source: Le Progrès de Coaticook, 24 mars 1971)
