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François Gérin : un homme de conviction et de courage

François Gérin

François Gérin

Publié le 3 Mars 2011
Publié le 3 Mars 2011

Bien que décédé prématurément, à seulement 60 ans, François Gérin aura eu le temps de faire sa marque, tant chez ses concitoyens de Coaticook, qu’auprès des nombreux politiciens et gens de loi qu’il a côtoyés au cours de sa carrière aussi diversifiée que dynamique.

Sujets :
Bloc québécois , église Saint-Jean de Coaticook , Parti québécois , Québec , Coaticook , Sherbrooke

Le 3 avril 2005, en moins de 5 semaines, Me Gérin a été foudroyé par un virulent cancer. Sa mort a jeté l’émoi dans sa communauté et parmi ses collègues de travail, anciens et contemporains. La rapidité de sa maladie d’une part et l’indéniable respect, l’amitié qu’on lui portait d’autre part, ont largement contribué à aviver les réactions et les regrets face à ce départ inattendu.

Il fallait voir l’église Saint-Jean de Coaticook, bondée d’une foule bigarrée, composée autant de concitoyens, petits et gros clients, que de personnalités réputées. Il fallait entendre les commentaires des gens venus le saluer une dernière fois, tous avaient une anecdote, tous avaient bénéficié, un jour ou l’autre, de son brillant esprit d’analyse. L’honorable Bernard Landry, ancien Premier ministre du Québec, alors chef du Parti québécois, l’a qualifié d’homme de services. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a vanté sa ténacité.

Maurice Bernier, qui lui a succédé à titre de député de Mégantic-Compton-Stanstead en 1993, a insisté sur le courage de l’homme, fondateur du Bloc québécois, celui qui le premier avait quitté le Parti conservateur à l’époque du lac Meech.

Des hommes de loi, dont le juge Raynald Fréchette, ont également rendu un vibrant hommage à leur collègue avocat François Gérin. La Cour supérieure avait même suspendu ses activités au Palais de justice de Sherbrooke pendant la journée de ses funérailles.

Un parcours fort chargé

Travailleur acharné, grand organisateur, tenace jusqu’à l’entêtement, toute sa vie François Gérin est demeuré fidèle à ses concitoyens, près des gens de la région qu’il n’a jamais quittée. Cette loyauté lui a été rendue, sa carrière politique a été remarquée par l’ampleur de ses rassemblements populaires. À l’occasion de sa première assemblée d’investiture au Parti progressiste-conservateur en 1984, il avait attiré l’attention des médias nationaux : plus de 2000 militants avaient envahi l’aréna de l’endroit pour l’élire haut la main à une époque où de tels évènements n’intéressaient guère plus d’une centaine de personnes.

Quelques semaines plus tard, il rassemblait plus de 1200 personnes à Coaticook pour accueillir le chef du Parti conservateur, lors d’un souper-bénéfice, un exploit auquel le parti n’avait pas été habitué au Québec, même à Montréal. N’en croyant pas ses yeux, M. Mulroney avait alors prédit aux partisans qu’ils entendraient parler de leur candidat non pas seulement à la grandeur du Québec, mais à la grandeur du pays. Il ne croyait pas si bien dire. Avant de passer au Bloc, François Gérin a bouleversé le Canada entier par ses conceptions visionnaires sur le financement politique. Une vision des choses qui tient encore la manchette, 25 ans plus tard.

En 1984, François Gérin a remporté ses élections dans Mégantic-Compton-Stanstead avec une forte majorité de plus de 12 000 voix. Réélu une seconde fois en 1989 sous la bannière conservatrice, il se retrouvera rapidement sur la banquette des indépendants et du Bloc québécois de 1990 à 1993 en compagnie des cofondateurs Lucien Bouchard, Louis Plamondon, Benoit Tremblay, et Nick Leblanc.

Comme député de la circonscription, il a notamment eu le flair de suggérer l’établissement d’une école d’agriculture sur la Ferme du Plateau à Coaticook. Une idée qui a fait du chemin, le CRIFA est aujourd’hui l’un des fleurons de la région.

On se souviendra de lui comme d’un homme de conviction et de courage, qui par sa persévérance et sa loyauté aura dérangé et secoué bien des gens à Ottawa, à Québec et partout ailleurs au pays.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Christian Roy
    - 4 Mars 2011 à 12:08:18

    Un être exceptionnel que j'ai eu la chance de cotoyer lorsque je travaillais comme correspondant pour le quotidien La Tribune. Un être de conviction, un être qui avait bonne presse, un être avec lequel il était facile de discuter et d'obtenir son opinion, autant durant sa vie politique qu'après son départ de la Chambre des Communes. Qu'il repose en paix. Salut François!

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