«Notre système de santé perd tranquillement des morceaux au profit du privé. Le gouvernement en place est en train de le laisser glisser. On n'a qu'à penser au CHSLD en PPP ou aux agences d'infirmières. Ouvrir nos portes au privé, c'est la pire chose qu'il pourrait arriver. Et c'est pour contrer ces actions que je me présente une fois de plus en politique», raconte celui qui est largement pressenti pour devenir ministre de la Santé sous un gouvernement du Parti québécois.
Pour redresser le système de santé, M. Hébert propose quatre actions. La première est de prévenir les maladies chroniques. «65 % d'entre elles le sont. Le secret pour réussir? Cesser de fumer, avoir une meilleure alimentation et faire de l'exercice sur une base régulière», souligne-t-il.
Ensuite, le candidat désire offrir un meilleur accès à la première ligne de défense, soit celle de la médecine familiale. «Les libéraux ont donné le gros de l'argent pour les médecins spécialistes. Or, il aurait fallu encourager les omnipraticiens. Ce sont eux qui devraient être valorisés. Il y a une incompréhension de la médecine familiale chez le gouvernement actuel.»
Il prêche ensuite une meilleure intégration des services de santé. «On a eu un projet-pilote en Estrie et ça fonctionne très bien. Pourquoi les gens auraient-ils besoin de raconter leurs histoires à quatre reprises lorsqu'ils vont voir différents spécialistes? Ce qu'on a avancé a fait ses preuves et ses frais, mais, encore une fois, les libéraux tardent à l'implanter à la grandeur de la province.»
Finalement, le docteur Hébert voudrait augmenter les subventions aux soins à domicile, un peu comme le font certains pays européens. Si un gouvernement péquiste est élu au lendemain d'une possible élection provinciale, le montant investi serait de 500 millions de dollars. «C'est deux fois ce qui est fait actuellement. Il faut qu'il y ait un glissement vers les soins à domicile», prévient-il.
Officiellement candidat
Le docteur Réjean Hébert a été officiellement nommé candidat du Parti québécois dans Saint-François, à l'issue de son investiture, le 12 avril dernier. «C'était une belle soirée, se souvient-il. Non seulement j'ai eu le support des militants de la circonscription, mais notre chef, Pauline Marois, s'est jointe à nous. C'était très dynamisant de voir tout ce monde rassemblé pour moi.»
M. Hébert saute une deuxième fois dans l'arène politique, après s'être lancé en 2008, dans le même comté. Depuis sa défaite aux mains de la libérale Monique Gagnon-Tremblay, il dit avoir appris beaucoup. «Depuis quelque temps, j'ai rencontré tous les maires de la MRC de Coaticook (sauf Bertrand Lamoureux). J'ai été aussi rencontré les producteurs agricoles de la région. Selon moi, il faut être à l'écoute de leurs besoins, les supporter. L'agriculture nourrit le peuple. On fait ainsi la promotion de l'achat local. Il faut aussi s'assurer de la relève agricole.»
Une victoire péquiste dans Saint-François est possible selon le principal intéressé. «Que Mme Gagnon-Tremblay soit présente sur le bulletin de vote ou non, l'enjeu demeure le même, soit de bien représenter les citoyens de Saint-François. Et c'est ce que je veux faire avec passion.»

