L'enjeu a une résonnance bien particulière pour M. Poulin, lui qui enseigne l'histoire depuis une douzaine d'années à l'Université de Sherbrooke et de Trois-Rivières. «La gratuité scolaire deviendra essentielle au fil des ans, croit-il. Les emplois qui seront bientôt créés demanderont un niveau élevé de connaissances. Donc, les jeunes devront passer plus de temps à l'école. Si on ne fait rien pour les aider, l'endettement étudiant atteindra un niveau critique et notre main-d'œuvre sera moins alléchante pour les entreprises qui voudront s'installer chez nous.»
Pour financer cette mesure coûteuse, Québec solidaire souhaite rétablir la taxe sur le capital des institutions financières. «Elle a été complètement abolie l'an dernier par les libéraux. Si on la remet en fonction avec un taux de 0,03 %, ça équivaut à l'augmentation des frais de scolarité imposée par le gouvernement actuel. Par la suite, on procédera à une augmentation progressive sur cinq ans, jusqu’à ce que la taxe atteigne 0,8 %. Nous aurons alors assez de revenus pour proposer la gratuité scolaire», croit André Poulin.
Égalité économiqueL'une des valeurs priorisées par Québec solidaire est aussi celle de l'égalité économique. «Il faut avoir une société plus juste, notamment en terme d'imposition. Présentement, nous n'avons que trois paliers. On en propose plutôt dix. Il est normal que chaque citoyen contribue à la hauteur de ce qu'il gagne. On veut également abolir toute forme de tarifs sur les services, comme la taxe santé, et prioriser le développement de logements sociaux. La place de l'environnement est grande au sein de notre parti, notamment avec notre Plan vert, qui propose la création de 166 000 emplois, ce qui est beaucoup plus que le Plan nord.»
Une première en politiqueAndré Poulin se lance pour la première fois dans l'arène politique. Militant de longue date au sein de l'Union des forces progressistes, il s'est joint à la formation de Québec solidaire en 2006, à la suite de la fusion de l'UFP et d'Option citoyenne.
«C'est un parti qui rejoint mes valeurs. Disons que cette campagne électorale passe vite, très vite, même. Je suis très content d'avoir fait le saut comme candidat. Je trouve ça très stimulant de rencontrer les gens et de parler de notre plate-forme. Tranquillement, on construit une base de militants en Estrie. J'espère faire mieux que ce que Québec solidaire a fait en 2008 dans Saint-François. Je suis sûr que notre formation surprendra le 4 septembre prochain», conclut M. Poulin.

