Originaire de la région de Québec, M. Hébert habite Sherbrooke depuis 1975. Médecin de famille de formation, il a été catapulté dans la spécialité de la gériatrie en 1988, lorsqu'il a publié un premier livre touchant à ce domaine. «La santé, c'est un domaine qui me tient particulièrement à cœur. Ça touche tous les Québécois. Je veux y laisser ma marque.»
Déjà, celle-ci se fait sentir. Au cours des 12 dernières années, le docteur Hébert a participé à l'élaboration d'un modèle d'intégration de soins et services aux personnes âgées, au Centre de santé et de services sociaux de la MRC de Coaticook. «Des acteurs de tous les milieux servent d'un seul guichet d'accueil, question de bien diriger la personne aux bons services, aux bons soins. C'est un modèle qui a démontré une excellente efficacité. Voilà pourquoi il est en train d'être implanté un peu partout dans la région», lance fièrement Réjean Hébert.
Récemment, son vis-à-vis caquiste, le docteur Gaétan Barrette promettait un médecin de famille à tous les Québécois d'ici un an, dans l'éventualité d'un gouvernement de la Coalition avenir Québec. Difficile à croire, pense le candidat péquiste de Saint-François. «Le docteur Barrette est difficile à suivre. Son approche est simpliste et ne fonctionnera pas. Je m'engage à réaliser cet objectif, mais sur une période de quatre ans. Pour réussir, il faut savoir séduire la nouvelle génération de médecins, leur offrir un meilleur équilibre entre leur profession et la vie personnelle. Il faudra également mousser et développer les groupes de médecine familiale (GMF). Il ne faut pas oublier la promotion de l'activité physique et des saines habitudes alimentaires.»
Si le Parti québécois prend le pouvoir à la suite du scrutin du 4 septembre, le docteur Hébert pourrait-il être le prochain ministre de la Santé? «Il s'agit de la prérogative de la première ministre. Je n'ai pas encore eu de discussions à ce sujet avec Mme [Pauline] Marois», avoue-t-il.
Enjeux locauxDepuis son entrée sur la scène politique en 2008, le candidat péquiste s'est familiarisé avec son nouvel environnement. Récemment, il s'est entretenu avec les différents élus de la MRC de Coaticook et des autres régions pour discuter de certains enjeux.
Parmi eux, on retrouve l'importance de l'achat local. «Il faut venir en aide aux producteurs afin qu'ils puissent offrir leurs produits sur les tablettes de grandes chaînes d'alimentation. Un gouvernement péquiste faciliterait ce processus», dit-il.
Via un nouveau programme, le Parti québécois voudrait également permettre à la relève agricole de se porter acquéreur de bâtiments, surtout lorsqu'il est question de fermes familiales.
En matière de foresterie, Réjean Hébert croit qu'il serait préférable d'assurer la transformation des produits de bois, ici, plutôt que de l'exporter. «Nous avons aussi une très grande forêt privée. Il faudrait avoir une meilleure réglementation pour l'encadrer.»
De plus, le candidat péquiste voudrait décentraliser certains services, notamment en matière d'agriculture. «Pourquoi se fait-il que le bureau du MAPAQ à Coaticook ait déménagé à Sherbrooke?, se questionne-t-il. Un tel service devrait être donné dans un milieu rural et non dans une ville éloignée.»
Départ d'une farouche adversaireAux dernières élections, Réjean Hébert avait livré une chaude lutte à la ministre libérale Monique Gagnon-Tremblay, qui l'avait emporté avec une majorité de 1200 voix. Le départ de la politicienne laisse-t-il la porte grande ouverte au Parti québécois? «Je suis confiant de l'emporter, et ce, peu importe mon adversaire. Je ne fais jamais une campagne contre quelqu'un, mais bien pour les citoyens de Saint-François», conclut-il.

